Dans un village entouré de champs dorés vivait un jeune couple, Élia et
Jonas. Ils s'aimaient sincèrement, mais comme tous ceux qui marchent
sous le soleil, ils connaissaient aussi les jours de fatigue, les
saisons de doute et les vents contraires. Un matin, le vieux tisserand
du village les invita à venir le voir. Sur sur sa table reposaient deux
fils: l'un clair comme l'aube, l'autre sombre comme la terre fertile. "Ce sont vos vies", dit-il. "Chacune belle, chacune
nécessaire. Mais seules, elles se rompent facilement."
Élia
observa son fil: solide, mais marqué par des nœuds. Jonas regarda le
sien: souple, mais parfois fragile. Ils se demandèrent comment unir
leurs forces sans s'user l'un l'autre. Alors le tisserand posa un
troisième fil sur la table. Il ne ressemblait à aucun autre: lumineux,
paisible, presque vivant. "Celui-ci vient d'en haut",
murmura-t-il. "Si vous acceptez qu'il soit au centre de votre
union, vous ne serez plus deux, mais trois."
Il
commença à tresser les fils. À chaque tour, le fil venu de Dieu
enveloppait les deux autres, les rapprochait, les stabilisait. Quand
Élia manquait de courage, le troisième fil soutenait. Quand Jonas
perdait patience, le troisième fil apaisait. Et quand leurs deux fils
tiraient dans des directions différentes, le troisième les ramenait
doucement l'un vers l'autre. Quand la corde fut terminée, elle était
étonnamment solide. Pas parce qu'Élia et Jonas étaient parfaits, mais
parce qu'ils avaient laissé Dieu devenir leur troisième fil. Le
tisserand sourit et cita doucement: "Et la corde à trois fils ne se
rompt pas facilement." Ecclésiaste 4:12.
Élia et Jonas
repartirent, tenant la corde dans leurs mains. Ils comprirent que leur
amour serait fort tant qu'ils resteraient tressés avec Celui qui ne
faiblit jamais.