Dans un petit village entouré de collines, les habitants avaient taillé des statues dans la pierre. Elles étaient belles, polies, dressées au milieu de la place. Quand quelqu’un était triste, il venait poser sa main sur la pierre froide. Quand quelqu’un avait peur, il murmurait ses angoisses à l’oreille de la statue. Mais la pierre restait pierre : elle ne voyait rien, n’entendait rien, ne répondait rien.
Un jour, une grande sécheresse frappa le village. Les puits se vidèrent, les champs se craquelèrent, et les habitants se rassemblèrent autour de leurs statues. Ils crièrent, supplièrent, offrirent des sacrifices… Mais les statues demeuraient immobiles, muettes, sans souffle.
Alors un vieil homme, que l’on croyait sans importance, se leva. Il dit simplement :
« Pourquoi criez-vous vers ce qui n’a pas de vie ? Tournez-vous vers Celui qui a fait le ciel, la terre et même la pierre que vous adorez. Lui seul peut entendre, Lui seul peut sauver. »
Cette nuit-là, le vieil homme s’éloigna du village et invoqua l’Éternel. Et au matin, un vent frais se leva, les nuages s’amassèrent, et une pluie abondante tomba sur la terre desséchée.
Les habitants comprirent alors que la pierre ne donne rien, mais que le Dieu vivant répond.