Il y avait un jeune serviteur qui désirait ardemment travailler pour Dieu.
Un matin, il arriva dans un vaste champ doré, prêt à moissonner.
À sa grande surprise, les épis étaient déjà lourds, mûrs, inclinés par leur propre abondance.
Il leva les yeux vers le ciel et dit :
« Seigneur, je suis prêt. Dis-moi ce que je dois faire. »
Alors une voix douce lui répondit :
« Moissonne ce que tu n’as pas semé. Entre dans la joie du travail déjà accompli. »
Le jeune homme, étonné, regarda autour de lui.
Il ne voyait personne.
Pourtant, le sol portait les traces de pas anciens,
comme si d’autres avaient marché là avant lui,
labourant la terre sous le soleil brûlant,
arrosant de leurs larmes les sillons encore vides,
priant dans le silence pour une récolte qu’ils ne verraient peut-être jamais.
Il comprit alors que ce champ n’était pas le fruit de son courage,
mais celui du sacrifice de Jésus,
et du labeur discret de ceux qui avaient prié, enseigné, aimé, pardonné,
bien avant qu’il n’arrive.
Alors il se mit à moissonner avec gratitude,
non pour se glorifier,
mais pour honorer Celui qui avait semé la première graine
et ceux qui avaient travaillé dans l’ombre.