On raconte qu’au cœur d’une vaste vallée se trouvait un carrefour que nul voyageur ne pouvait éviter.
Deux sentiers s’y ouvraient, comme deux mains tendues vers l’horizon.
Le premier chemin était large, il promettait la rapidité, l’absence d’effort, et une sorte de liberté sans direction.
Ceux qui l’empruntaient marchaient d’un pas léger, mais leurs yeux perdaient peu à peu leur éclat, comme si la lumière intérieure se dissipait à mesure qu’ils avançaient.
Le second chemin était plus étroit.
Il semblait simple, presque discret, mais une paix profonde y reposait, comme une brise qui ne s'arrête jamais.
Ceux qui s’y engageaient n’étaient pas épargnés par les pierres ni les montées, mais ils marchaient avec une force qui ne venait pas d’eux.
À chaque pas, une présence invisible redressait les tournants, éclairait les zones d’ombre, et rendait le fardeau plus léger.
Un jour, un voyageur arriva au carrefour. Il s’arrêta, hésitant, car les deux chemins l’appelaient chacun à leur manière. Alors une voix douce, mais ferme comme la vérité elle-même, s’éleva dans son cœur :
« Je mets devant toi deux chemins… Choisis la vie. » ( Deutéronome 30.19)
Le voyageur comprit alors que le choix n’était pas seulement géographique.
Ce n’était pas une question de facilité ou de difficulté, mais de direction intérieure.
L’un menait à l’oubli de soi, l’autre à la découverte de la vraie vie.
L’un promettait beaucoup mais donnait peu, l’autre demandait beaucoup mais offrait tout.
Alors il posa son pied sur le chemin étroit. Et dès qu’il fit ce premier pas, il sentit que le sentier, pourtant rude, devenait étonnamment droit.
Comme si quelqu’un marchait devant lui pour ouvrir la voie.