Dans une grande maison, le maître voulut choisir une
lanterne pour éclairer le chemin des voyageurs.Il en prit deux et les
plaça devant lui.
La
première lanterne était splendide.Son métal brillait comme de l’or, ses
motifs étaient ciselés avec soin.Elle se tenait droite, fière de sa
perfection apparente.Elle pensait :« Je suis la plus digne. Je n’ai
aucune tache. Je mérite d’être choisie. »
La
seconde lanterne était simple, cabossée, un peu rouillée.On voyait
qu’elle avait traversé des nuits de vent et de pluie.Elle tremblait
presque, comme si elle avait honte de se présenter.Elle murmurait :«
Maître, je ne suis pas belle… mais si Tu veux bien, je peux encore
porter une flamme. »
Le
maître alluma les deux lanternes.Dans la première, la lumière resta
enfermée :ses vitres épaisses et impeccables étouffaient la flamme.Elle
brillait pour elle-même, mais n’éclairait personne.
Dans la seconde, la lumière jaillit par chaque fissure.Les brèches devinrent des fenêtres,et la maison entière s’illumina.
Alors
le maître dit :« Je ne choisis pas la lanterne la plus parfaite,mais
celle qui laisse passer la lumière.Car “Dieu résiste aux orgueilleux,
mais il fait grâce aux humbles.”— Jacques 4:6 »
Et il emporta la lanterne cabossée pour éclairer la route des voyageurs.