Allégorie inspirée du Psaume 1
Dans un
vallon tranquille, un jeune arbre fut planté près d'un ruisseau clair.
Ses racines, curieuses et patientes, plongeaient chaque jour un peu plus
dans la terre humide. Il écoutait le murmure de l'eau comme on écoute
un sage: "Reste près de moi, et tu porteras du fruit en ton
temps."
Non loin de là, une paille légère se
vantait de sa liberté. "Je vais où je veux, disait-elle, je ne m'attache
à rien. Ni terre, ni source, ni loi ne me retiennent. Regarde-moi: je
danse avec le vent!"
Le vent, justement, se leva.
Il caressa l'arbre, qui demeura ferme, puis s'empara de la paille, la
soulevant, la tournoyant, la dispersant au loin. La paille riait
d'abord, grisée par la vitesse. Mais bientôt, elle comprit qu'elle
n'avait ni direction, ni refuge, ni avenir. Elle finit dans un fossé,
oubliée de tous.
Pendant ce temps, l'arbre
grandissait. À la saison voulue, il donna un fruit doux et abondant. Son
feuillage demeurait vert, même sous la chaleur. Les oiseaux y
trouvaient abri, les voyageurs de l'ombre, et le ruisseau se réjouissait
de sa fidélité.
Il est comme un arbre planté près d'un courant d'eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point. Psaumes 1:3